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  La cité de Dukezong, un bourg de Shangrila
À 700 km de Kunming, province du Yunnan, découvrez le sanctuaire de ceux qui cherchent à fuir la vie stressante des villes.
Des maisons en bois et en brique, de style tibétain authentique et richement décorées; des salles de prières resplendissantes de dorures; des colonnes de pierre gravées de canons bouddhiques; et des lanternes multicolores de formes variées, accrochées des deux côtés de rues sinueuses et qui font ressortir le mystère et l'aspect ancien de la cité : voilà ce qui séduit à Dukezong, l'un des bourgs les plus anciens de Shangrila, chef-lieu du département autonome tibétain de Diqing, dans le nord-ouest de la province du Yunnan.
La fondation de Dukezong remonte à 1 300 ans. Depuis ce temps, Dukezong a connu les feux de la guerre et la prospérité des affaires frontalières. En effet, à 3 200 m d'altitude, établi sur un sol fertile et entouré de montagnes, ce bourg important sur l'antique voie Chama (thé et chevaux) a toujours été un carrefour d'échanges culturels et économiques entre les Han et les Tibétains.
Les habitants de Dukezong sont chaleureux, honnêtes et accueillants, toujours enchantés de faire visiter leur maison aux touristes qui le désirent.
Le résidant du 66, rue Beimen, est un vieillard de 74 ans du nom d'Abu. Sa maison, très bien conservée, est en bois et de style tibétain. Le rez-de-chaussée sert d'entrepôt pour le bois de chauffage et d'étable pour le bétail. À l'étage se trouvent une vaste salle avec des poutres gravées de cinq dragons, des chambres à coucher, une salle pour les invités et une salle de prière. Chaque fois que des visiteurs se présentent, Abu ne manque pas de les amener dans la salle de prière pour leur montrer la niche bouddhique et une plaque ancienne gravée d'une paire de dragons dorés. Derrière cette plaque, on trouve l'inscription suivante : " Septième année du règne Chongzhen de la dynastie des Ming (1634), famille Jiao du Shanxi. On croit qu'elle aurait été gravée par un charpentier du nom de Jiao qui aurait aidé à construire la maison, il y a 372 ans. Abu aime bien servir du thé au beurre à ses invités, alors qu'il leur raconte les histoires au sujet de sa maison.
Le mode de vie ancien des Tibétains est également bien conservé à Dukezong. Dans les maisons, on joue encore aux échecs tibétains, comme on le faisait il y a un millénaire, et les clochettes des chevaux résonnent encore le long des sentiers. Chaque soir, sur la place, on allume un feu de camp, puis on chante et on danse. Dans les ruelles, on peut sentir l'odeur du qingke (vin d'orge).
Pour les touristes, Dukezong est le lieu idéal pour acheter des souvenirs. Le long des rues, on peut faire bien des trouvailles : bijoux anciens, tanka, poteries, objets religieux, encens tibétain, divers bibelots, etc.
La renommée de Dukezong a dépassé les frontières de la Chine, et le charme de la cité ancienne attire beaucoup de visiteurs de l'étranger, en plus des visiteurs chinois. Au " Relais de poste du Yunnan et du Tibet ", différentes langues et cultures s'harmonisent tout naturellement. Le Hazelnut Bar est un lieu populaire et confortable où les visiteurs peuvent observer et découvrir à loisir les chants et les danses de style tibétain. La librairie Delamu est un bon endroit pour faire une pause. Dans le fin fonds d'une ruelle, une Étatsunienne est en train de décorer une maison de style ancien qu'elle a louée. Un photographe d'Angleterre s'affaire à préparer une exposition de ses ?uvres. L'épouse de M. Khalid Malik, coordonnateur général en Chine pour le PNUD, a loué une maison tibétaine. Et la liste des gens qui sont séduits par Dukezong pourrait s'allonger...
En effet, bon nombre de personnes se passionnent pour les traditions folkloriques de Dukezong, cette terre de paix et de soleil, et certains ont même changé totalement leur projet de vie pour demeurer dans la cité, s'éloigner de la grande ville et vivre dans un environnement qui les inspire. Dukezong est une cité qui non seulement concentre l'histoire de l'ethnie tibétaine, mais aussi s'ouvre à la modernité et au progrès, en accueillant un nombre de plus en plus grand de touristes venus d'un peu partout dans le monde.
27/04/2008
 
     
  La forêt de granit Asihatu

Dans la montagne Beida située au nord - est de la bannière Hexigten (district), dans la région autonome de la Mongolie intérieure se trouve la forêt de pierres Asihatu, l'une des plus rares forêts de granit du monde, également connue sous le nom de forêt de pierres glaciales. En mongol, Asihatu signifie les rochers à pics.

La forêt de pierres Asihatu est l'un des paysages les plus impressionnants du parc géologique national de Hexigten de la municipalité de Chifeng, dans la région autonome de Mongolie intérieure. La forêt se trouve sur l'une des faces rocheuses du mont Beida, qui fait lui - même partie des montagnes Hinggan, à une altitude de 1 600 - 1 900 m. D'après les experts, sa formation est due au mouvement du glacier du quaternaire.

Bien que la raison de sa formation soit différente, la forêt de pierres Asihatu est similaire à celles des districts de Lu'nan et Yuanmou dans la province du Yunnan, et aux séracs. Asihatu qui s'étend sur plusieurs centaines de mètres de long et des dizaines de mètres de large contient plusieurs groupes de pinacles de granit de 5 à 20 mètres de haut, naturellement formés en carrés, en rectangles, en sphères ou en cylindres. Les sommets des pinacles ressemblent à des cônes circulaires, des toques, des plateaux, des dômes et autres formes irrégulières.

Possédant ses propres caractéristiques, la forêt Asihatu est aussi escarpées que les Monts Huashan dans la province du Shaanxi, aussi belle que les monts Huangshan dans la province de l'Anhui et aussi imposante que le mont Taishan du Shandong. Ses pinacles ressemblent à des piliers géants, des pousses de bambou, des pagodes et des murs. Certains rochers portent des noms comme «La belle jeune fille regardant la lune» ou «La tour penchée de Pise».

Outre son importance scientifique, la forêt de pierres Asihatu est une destination touristique idéale. De loin, elle paraît aussi imposante que la Grande Muraille et ses atours varient en fonction des saisons.

30/03/2008

 
     
  Hongjiang, sa beauté tient à sa prospérité d'antan

En 1920, cette petite ville montagneuse utilisait déjà l'électricité; en 1925, l'appareil-photo; en 1929, le téléphone; et en 1931, les films muets étaient projetés sur ses écrans de cinéma... Elle profitait de la même vie de luxe que des grandes villes comme Shanghai et Nanjing, les plus prospères de Chine à cette époque. Pourtant, elle se trouve dans l'ouest de la province du Hunan, au creux de hautes montagnes aux cimes escarpées.
La ville de Hongjiang n'est pas très connue aujourd'hui, mais elle a été prospère au cours de l'histoire. Il y a plus de 3 000 ans, elle donnait sur une grande voie continentale commerciale donnant accès à l'océan Indien, à la mer d'Arabie, à la mer Rouge et à la Méditerranée. Durant les dynasties des Han (206 av. J.-C.--220 apr. J.-C.) et des Tang (618-907), elle était un des maillons les plus importants de la route de la Soie pour la Chine du Sud-Ouest. Pendant les Ming (1368-1644) et les Qing (1644-1911), elle a été l'une des premières régions de Chine où les germes commerciaux du capitalisme ont commencé à pousser.
Une rivière, gage de richesse
M. Ruan Mingyi, 76 ans, se tient debout devant le port Litouzui. Autrefois, c'est ce port qui était le plus animé de Hongjiang. Il dit : « Il y a 60 ans, ici, on ne voyait que des trains de bois, on ne voyait pas l'eau, et que des bateaux, pas la rivière. Tous les jours, il y avait de l'animation! »
Le port Litouzui se trouve sur la rivière Yuanjiang, un affluent du Yangtsé. Selon les registres, à l'apogée de sa prospérité, cette petite ville d'une superficie de 4 km2 comptait 48 ports.
En tant qu'affluent du Yangtsé, la rivière Yuanjiang sert d'importante voie fluviale pour que des villes du Sud et du Centre de Chine aient un accès aux provinces du Yunnan, Guizhou et Sichuan (en Chine du Sud-Ouest). Ainsi, située en bordure de la Yuanjiang, Hongjiang est naturellement devenue un grand bourg commercial.
Un commerçant de la dynastie des Qing avait décrit Hongjiang : « Une myriade de lumières scintillant dans la ville et un bourg colossal ». À cette époque-là, la ville n'avait que 37 600 habitants, mais 15 000 faisaient du commerce.
Dès 17 ans, M. Wang Tiande a travaillé dans un chantier naval, et après sa retraite, il a réparé des bateaux de pêche au bord de la ri-vière. Il déclare : « À cette époque-là, les bateaux fabriqués par les gens de Hongjiang étaient très connus. Chacun d'eux avait quatre ou cinq ponts, et lorsque quelques dizaines étaient réunis, le tout ressemblait à un village flottant. Quel spectacle magnifique! » À cette époque, les gens de Hongjiang qui faisaient du transport fluvial devaient rester à bord pendant un ou deux mois. Ils avaient donc tout préparé : instruments de musique, alcool, thé, pipe à opium, accessoires de jeu, etc. Sur le pont supérieur, il y avait un carré de légumes, un poulailler et des canards...
Trois secteurs -- le bois, l'huile d'abrasin et l'opium -- faisaient prospérer la ville
M. Yang Peicheng, septuagé-naire, est issu d'une famille riche qui faisait le commerce du bois. Il a bien connu la prospérité du commerce du bois d'alors. Ce qui l'impressionnait le plus, c'était que, une fois par année, la famille des Yang devait déplacer des trains de bois vers Nanjing ou Shanghai. Selon les souvenirs de M. Yang, à cette époque, un train de bois mesurait 30 m de long, 6,6 m de large et avait de 3 à 5 couches d'épaisseur. Quand un commerçant de bois avait à faire naviguer de tels trains, il devait engager une dizaine de bateliers et deux administrateurs qui se chargeaient, l'un, de la navigation, l'autre, du contrôle de la qualité du bois et de la gestion. Quand les trains de bois couvraient entièrement la rivière, on n'avait pas besoin de prendre le bac entre les deux rives, car on pouvait marcher directement sur ces étendues de bois. Il est facile d'imaginer la prospérité du commerce du bois d'alors. Les gens d'affaires de Hongjiang ne se limitaient pas à seulement faire le commerce du bois : ils transformaient également la matière première pour s'enrichir encore plus. Les métiers liées à l'huile d'abrasin constituent un exemple probant.
L'huile d'abrasin de Hongjiang est un bon enduit antiseptique et antimites. Depuis les dynasties des Ming et des Qing, en s'appuyant sur sa qualité et l'abondance de sa production, cette huile était très bien accueillie sur le marché de la région côtière du Sud-Est, et même à l'étranger. Le secteur lié à l'huile d'abrasin a été le premier parmi les secteurs piliers de Hongjiang.
À l'époque contemporaine, au fur et à mesure que le transport routier et ferroviaire a connu un essor, la supériorité de la localisation de Hongjiang s'est perdue peu à peu et son commerce a décliné.
Les vestiges de la ville ancienne
Hongjiang conserve encore son aspect des dynasties des Ming et des Qing. En effet, elle a préservé 17 bureaux de journaux, 23 banques privées, 34 écoles, 48 scènes de spectacle, ainsi que plus de 50 maisons de prostitution, 60 fumeries d'opium, 70 restaurants, 80 auberges, une cen-taine d'ateliers, un millier de boutiques et 380 maisons à étages appelées yinziwu. Ces dernières servaient à la fois de commerce et de résidence.
Hongjiang était une ville commerciale, et son plan architectural était peu ordinaire. Elle possédait des fonctions commerciales et résidentielles. Les yinziwu ressemblent à un enclos avec des maisons autour d'une cour. La plupart sont de l'un des trois types suivants : deux cours et des maisons à un étage; deux cours et des maisons à deux étages; trois cours et des maisons à deux étages. Lorsqu'il y a un deuxième étage, une passerelle relie le sud et le nord. Le toit est incliné vers l'intérieur et la cour carrée fait entrer la lumière et l'air.
Se dressant à flanc de montagne, ces maisons étaient construites en brique, en pierre et en bois et n'utilisaient aucun clou en fer. Pourtant, elles sont restées solides pendant des centaines d'années. Les portes et les fenêtres étaient pratiques, et on portait attention à l'utilisation rationnelle de l'espace. La plupart des yinziwu étaient des constructions closes, à deux étages. Au rez- de-chaussée, c'était la boutique; à l'étage, l'entrepôt; et au deuxième, la résidence.
Les architectures les plus splendides de Hongjiang étaient les maisons du foyer de l'Association des compatriotes. Mentionnons, entre autres, le Palais pacifique (la maison de la guilde Baoqing). Son portail commémoratif, sculpté à partir d'une énorme pierre complète, est particulièrement imposant. À la fin des Ming et au début des Qing, pour se lier d'amitié avec les membres de leur clan et défendre l'intérêt des compatriotes, des commerçants venus d'autres régions y ont fondé successivement des maisons du foyer de l'Association des compatriotes. C'est durant la République de Chine (1912-1949) que cette vogue a atteint son apogée. Hongjiang a alors accueilli des commerçants et autres gens venus d'une vingtaine de provinces et de districts, et le nombre de maisons du foyer de l'Association des compatriotes approchait 130. Selon les souvenirs des personnes âgées de Hongjiang, la maison du foyer de l'Association des compatriotes la plus luxueuse était celle du Guizhou, car elle faisait le commerce de l'opium. Les colonnes de la maison étaient fabriquées de pierres géantes complètes, et son portail était richement orné de dragons et de phénix, ce qui lui donnait un aspect imposant.
M. Liu Huiwu, 79 ans, est le fils de Liu Yongtai qui était le patron de la Maison de commerce Yongtai. Il est un témoin direct de la grandeur et du déclin de Hongjiang. Dans sa jeunesse, il a fait différents métiers, et il connaît bon nombre d'histoires de la ville. Aujourd'hui, il rédige des histoires et des récits de conteur.
Liu Yongtai était la personne la plus riche de Hongjiang. On dit que la famille des Liu chargeait des navires d'opium du matin au soir, et qu'après avoir vendu de l'opium, elle échangeait des boîtes de pièces d'argent. Toute la ville pouvait entendre le cliquetis des pièces d'argent après 21 h.
Selon les anciens, la famille des Liu a connu la décadence à la suite d'un incendie survenu en 1934. Par la suite, quand le patron Liu Yongtai a été kidnappé par des bandits, les gens se sont rués vers la banque pour récupérer leurs billets de banque émis par la Maison de commerce Yongtai. Ce fut un coup mortel pour cette famille.
La vie actuelle
Aujourd'hui, Hongjiang compte plus de 2 000 foyers, et la plupart des habitants sont des vieillards et des enfants. Les jeunes sont partis travailler ailleurs.
Mme Dong Hongmei, 59 ans, est la fille du patron du port de Hongjiang, et son mari, Yang Yun, est le fils d'un commerçant de bois. À présent, ce couple gagne sa vie en opérant un bac qui appartient à une compagnie de navigation, et les deux s'occupent à tour de rôle de manier la perche. Ceux qui traversent la rivière sont des paysans qui vont acheter des légumes. Un aller-retour ne coûte qu'un yuan. Ce couple habite dans une yinziwu de la ville.
Parce que ses parents l'ont aidé, leur fils aîné a investi 120 000 yuans pour construire un bateau qui fait le trajet de la flotte de Hongjiang d'alors. Ce bateau transporte le bois de Hongjiang vers les provinces du Jiangsu et du Zhejiang. Quand il revient, il ramène des marchandises à Xiangtan, aussi dans la province du Hunan. Il continue d'utiliser le mode d'exploitation et le trajet des anciens commerçants de Hongjiang.
Il y a l'école de la famille des Gao. Autrefois, cette famille avait ouvert une école privée dans cette cour.
Le maître actuel de cette école est M. Nie. Il y exploite une auberge. Il ne fait pas de publicité pour cette auberge, car il ne reçoit que des clients présentés par des amis. Au rez-de-chaussée, des deux côtés de la salle de réception, il y a les chambres d'hôte. M. Nie habite en haut. La pièce latérale, qui sert elle aussi de chambre d'hôte, a 4 m de haut. La fenêtre n'est pas grande, de sorte que la chambre est sombre. Quelques meubles centenaires de différentes époques sont disposés en ordre et créent une ambiance de dignité. C'est un lieu qui permet de relaxer et qui attire bon nombre de touristes.
Les enfants de M. Nie ne vivent plus avec leurs parents. cet homme est très chaleureux et peut accompagner les hôtes pour une promenade dans les rues de la ville. Il leur présente alors les us et coutumes locaux et les invite à participer à un dîner offert par ses amis. Il semble avoir ouvert cette auberge pour s'occuper, plutôt que pour gagner de l'argent.
16/03/2008

 
     
  Le train vers le Tibet

Il y a tout juste un an, il y avait deux possibilités pour se rendre au Tibet. Vous pouviez ou bien vider votre tirelire pour vous payer un vol passablement cher, ou prendre votre courage à deux mains et faire le voyage en quatre-quatre sur la route non pavée et accidentée vers le Toit du monde. Mais en juillet dernier, un moyen de transport meilleur marché et plus confortable vers cette destination a été mis en service : le train. Le prix d'un billet de train – en couchette molle – de Beijing vers le Tibet coûte environ 1 500 yuans, ce qui est meilleur marché que prendre l'avion.

Caractéristiques de ce train

Les habitants du plateau Qinghai-Tibet disent que, sur le plateau, ils peuvent avoir les températures des quatre saisons en un seul jour. Ce n'est pas le cas pour les passagers du train Qinghai-Tibet. Ceux-ci peuvent apprécier le paysage changeant, à partir de la fenêtre du train et dans le confort d'une température maintenue constante. Toutes les fenêtres des wagons ont un double vitrage et sont traitées contre les UV, et l'oxygène est disponible pour tout passager qui présenterait des signes du mal de l'altitude. Les paysages sont à couper le souffle. Les nuages flottent dans l'immensité d'un ciel azuré qui surplombe le plateau dans lequel se dressent des crêtes aux neiges éternelles que l'on aperçoit de temps à autre, avant qu'un lac aux eaux bleu clair fasse soudain son apparition. Dans des pâturages qui semblent illimités, des ânes sauvages font la course avec le train, et parfois les deux sont côte à côte, car au galop, ces ânes sont capables d'atteindre 60 km/h. En revanche, les yaks sauvages, des animaux indigènes du plateau, se déplacent de leur pas calme et régulier.

Il y a maintenant trois gares de départ du train pour le Tibet : Beijing, Chengdu, province du Sichuan, et Xining, province du Qinghai. D'ici peu, deux nouveaux points de départ seront mis en service : Shanghai, dans l'est, et Guangzhou, dans le sud-est. Tous les trains vers Lhasa, capitale de la région autonome du Tibet, sont équipés d'installations à la pointe de la technologie. Les wagons ont un système de protection contre la foudre – de fabrication canadienne –, un système de filtration de l'air, des dispositifs à oxygène et des climatiseurs qui soufflent de l'oxygène quand il est nécessaire. L'équipement de distribution individuelle d'oxygène est placé près des sièges et dans les couloirs. Tout passager présentant des symptômes du mal de l'altitude peut demander un inhalateur d'oxygène qui se branche, par son siège, au système central de distribution.

Les autres équipements comprennent des contenants encastrés pour les ordures, des salles de toilette bien illuminées et spacieuses, ainsi que des W.C. écologiques. Chaque voiture dispose également d'une toilette pour personnes à mobilité réduite. Le long du chemin de fer Qinghai-Tibet, les services de communications sans fil assurent aux passagers un accès sans restriction à l'information de partout dans le monde. La voiture-restaurant est décorée en style tibétain typique. Pour ceux qui préfèrent ne pas se déplacer pour aller manger, le restaurant distribue également des déjeuners et des dîners au coût de 20 yuans; toutefois, le riz n'est pas aussi tendre qu'il le serait normalement, étant donné la faible teneur en oxygène à une altitude élevée. Le petit-déjeuner comporte des céréales chaudes, des petits pains et des légumes marinés froids. Les passagers tibétains apportent habituellement leurs propres aliments, surtout du yack déshydraté et de la tsampa (farine d'orge grillée (l'aliment de base des Tibétains), qu'ils mangent en buvant de l'eau chaude.

Les préposés au service dans le train ont été soigneusement formés. Avant d'arriver à un site pittoresque, un membre de l'équipage fournit des informations en chinois, en tibétain et en anglais et souligne les aspects particulièrement caractéristiques de la topographie. Afin d'assurer un approvisionnement suffisant en électricité, entre autres pour le bon fonctionnement du système de distribution d'oxygène, les wagons du train Qinghai-Tibet sont tirés par des locomotives à trois moteurs au diesel, conçues par GE.

Le col du mont Tanggula constitue le point le plus élevé du chemin de fer Qinghai-Tibet; il est situé à plus de 5 000 m au-dessus du niveau de la mer. À cet endroit, il est possible que des passagers présentent de légers symptômes du mal de l'altitude, des maux de tête par exemple, mais ceux-ci disparaissent rapidement lorsque le train amorce sa descente.

Sites d'intérêt le long du chemin de fer

À la gare de Xining, mon train a été aiguillé vers le chemin de fer Qinghai-Tibet qui relie, dans une richesse incroyable de scènes de plateau, les villes et villages entre Xining, capitale de la province du Qinghai, et Lhasa, capitale de la région autonome du Tibet.

Xining est située à 2 275 m au-dessus de niveau de la mer. En tant que tête de pont du chemin de fer, elle est connue comme la « porte d'entrée du plateau Qinghai-Tibet ». La ville couvre une superficie de 3 456 km2, et 25 % du total de ses 1,1 million d'habitants appartiennent aux ethnies hui et tibétaine. Xining a une histoire deux fois millénaire, ayant été un point principal de l'ancienne route de la Soie. Prospère, cette ville est très animée, car elle est le plus grand centre d'approvisionnement sur le chemin de fer avant que le train arrive au Tibet. Dans la ville, beaucoup de magasins vendent des produits traditionnels, à commencer par des médicaments et petites collations. La plupart des propriétaires de magasin sont des Hui, et ils ont la réputation d'être hospitaliers et honnêtes.

Le monastère Ta'er est celui qui est le plus connu de Xining. Situé à 25 km au sud-ouest de la ville, c'est un lieu à visiter. Il a été construit en 1560, et il est dédié au bodhisattva Maitreya. C'est le lieu de naissance de Tsongkhapa, fondateur de la lignée Gelug (lignée jaune) du bouddhisme tibétain. Dans la Chine du Nord-Ouest, ce monastère est ainsi considéré comme le centre principal du bouddhisme tibétain. Étant l'un des six monastères principaux de cette lignée – les autres étant les monastères Sera, Drepung, Tashilhunpo, Gandain et Labrang –, c'est un complexe grandiose qui, à son apogée, disposait de plus de 800 salles et couvrait une superficie de 450 000 m2. Le monastère est encore réputé en Asie du Sud-Est. Ses architectures importantes incluent les huit dagoba qui se dressent devant le temple, la grande salle aux Tuiles dorées, la grande salle des Prières, la petite salle aux Tuiles dorées, la salle pour l'Impression des sutras et la salle du bodhisattva Maitreya. Le monastère abrite beaucoup d'autres trésors culturels, notamment des sculptures façonnées dans le beurre, de même que des fresques et des broderies en relief. Ce sont les trois plus précieux. Au cours des 1er, 4e, 5e et 9e mois lunaires du calendrier tibétain, le monastère organise des célébrations grandioses et raffinées. La naissance de Maitreya est célébrée en étendant un tanka de 100 m de long sur le versant de la montagne et en procédant à divers rituels bouddhiques.

Le lac Qinghai est le premier site important le long du chemin de fer Qinghai-Tibet. Le train Xining-Lhasa passe près du lac en soirée, alors que le train de retour passe vers 7 h. En tibétain et en mongol, le nom du lac signifie « mer bleue »; c'est le plus grand lac intérieur d'eau salée en Chine. Il est parsemé de cinq îles de différentes formes, dont l'île aux Oiseaux est la plus captivante. Cette île est située sur la rive occidentale du lac Qinghai, et la décrue des eaux a transformé l'île en péninsule. Au printemps et en été, le lac attire des centaines de milliers d'oiseaux migrateurs qui nichent sur l'île qui leur sert de sanctuaire. Oies, mouettes, bécasseaux et cormorans comptent parmi les espèces d'oiseaux qu'on y voit.

Golmud est la prochaine grande agglomération sur le trajet du chemin de fer. Située à 2 800 m d'altitude, c'est la deuxième grande ville de la province du Qinghai. En langue mongole, Golmud signifie « endroit où les fleuves confluent ». Chaque jour, un grand nombre d'automobiles roulent sur la route Qinghai-Tibet à partir de Golmud que les gens de la région appellent « ville de l'automobile ». À l'ouest, on trouve le célèbre lac salé Qarhan qui couvre une superficie de 5 800 km2. Puisque le lac est entouré par le chaud et sec désert du Gobi, les précipitations qui l'alimentent sont bien inférieures à la quantité d'eau qui s'en évapore. C'est ainsi qu'une croûte de 3 à 4 m de sel concentré forme la surface de ce lac, et elle est assez solide pour que les voitures y passent. Le chemin de fer Qinghai-Tibet y a également été construit.

Peu après avoir passé Golmud, le train se dirige vers les monts enneigés Kunlun. Le sommet de ces monts est le pic Yuzhu, à 6 178 m d'altitude, et de l'autre côté du chemin de fer, se dresse le pic Yuxu, avec ses 5 933 m. Cette chaîne de montagnes est considérée comme sacrée par les taoïstes chinois. Selon une légende, le 8e jour du 8e mois lunaire de chaque année, Xiwangmu, reine mère du Paradis de l'Ouest et déesse de la mythologie chinoise taoïste, tient son banquet de la Pêche de l'Immortalité. Elle invite alors tous les immortels à sa table.

Poursuivant sa route, le train s'élève sur la chaîne de montagnes en empruntant le tunnel des monts Kunlun, d'une longueur de 1,68 km – le plus long tunnel sur pergélisol au monde –, au col des monts Kunlun, à une altitude de plus de 4 000 m.

Le train arrive alors à la réserve naturelle de Hoh Xil qui couvre une superficie de 250 000 km2. C'est la troisième réserve naturelle inhabitée du monde et la plus grande en Chine. Étant donné que l'altitude moyenne y est de 5 000 m, il va sans dire que l'air y est raréfié. Selon un relevé effectué en 1990, 16 espèces de mammifères et 30 types d'oiseaux vivent dans la réserve naturelle, y compris certains qui sont indigènes à la région. Ces dernières années, cependant, Hoh Xil a subi des dommages environnementaux et d'autres liés au braconnage, une source de vives inquiétudes pour les naturalistes et les écologistes.

La gare de Qumar au Qinghai a été conçue en forme d'antilope tibétaine, et une sculpture d'antilope s'élève également en son centre. Cette architecture indique que la station de Qumar est un arrêt important sur le chemin migratoire des antilopes tibétaines. Des troupeaux d'ânes sauvages et de goa (une gazelle indigène au plateau tibétain que l'on confond facilement avec l'antilope tibétaine) courent dans le secteur.

Le fleuve Tuotuo forme le prochain site d'intérêt le long du chemin de fer. Il apparaît comme un faisceau de petits cours d'eau, mais il est la source du Yangtsé, un des deux principaux fleuves de la Chine qui coulent dans dix provinces, régions autonomes et municipalités.

Après avoir franchi le col des monts Tanggula, le train entre dans le plateau Changtang, au Tibet septentrional. En août, la température y est douce, et la profusion de couleurs des fleurs sauvages y égaie les steppes verdoyantes. Une fête annuelle, dont l'événement principal est une course de chevaux, se tient dans les vastes steppes au sud-est de la ville de Nagqu. Selon les habitants locaux, cette tradition annuelle de course de chevaux a commencé au VIIIe siècle. Au moment des préparatifs de la course, les éleveurs qui y participent et qui s'y rendent en spectateurs convergent vers Nagqu et érigent leurs tentes, créant ainsi une « ville de tentes ». Quand les courses commencent, chacun porte ses plus beaux costumes ethniques et des parures. Les femmes tibétaines sont particulièrement minutieuses au sujet de leur costume, car on dit que leur richesse peut être évaluée en évaluant leur robe et leurs bijoux.

La fête dure habituellement sept jours, et ses nombreuses compétitions incluent courses de chevaux sur courte et longue distance, tir à l'arc, saut en hauteur et en longueur et haltérophilie. Cette fête sportive de la steppe est également le site d'une foire commerciale pour différents produits agricoles et pastoraux.

Namco, le mot tibétain pour lac « Céleste », est le plus grand lac au Tibet et le deuxième lac d'eau salée en Chine, après le lac Qinghai. À une altitude de 4 718 m et couvrant une superficie de 1 920 km2, le lac Namco est le lac le plus haut du monde. Les Tibétains croient que le Bouddha, les bodhisattvas et les vajra s'y rassemblent et y tiennent des cérémonies religieuses chaque année de la Chèvre du calendrier tibétain. La circumambulation effectuée au lac à un moment donné est censée avoir une valeur religieuse équivalant à cent mille fois celle effectuée normalement. Par conséquent, le 15e jour du 4e mois du calendrier tibétain, les bouddhistes se rassemblent en pèlerinage au bord de ce lac pour rendre hommage et pour prier. On ne peut voir le lac Namco à partir du train, mais on voit le Co Nag, le lac d'eau douce le plus haut du monde. Il a une superficie de plus de 400 km2.

Lhasa, capitale de la région autonome du Tibet, est la destination finale du train. C'est une ville située à une altitude de 3 650 m et dont l'histoire remonte à 1 300 ans. Lhasa est le centre politique, économique, culturel et religieux du Tibet. Le palais du Potala constitue son attrait touristique principal. C'est le siège des dalaï-lamas, et pour les Tibétains, un lieu ayant une importance considérable sur les plans politique et religieux. Le Potala est également célèbre pour ses bâtiments immenses, ses constructions complexes, son atmosphère de dévotion et ses splendides œuvres d'art. Le monastère Jokhang est un autre endroit d'intérêt historique à Lhasa. Une statue en or grandeur nature du bouddha Sakyamuni alors qu'il avait 12 ans, se dresse dans la salle principale. On dit que c'est le trésor le plus précieux à Lhasa, car c'est l'unique statue grandeur nature de Sakyamuni, sa statue à 8 ans ayant été détruite, et celle à 16 ans ayant été perdue dans l'océan Indien.

Horaire des trains et durée du voyage:

– Beijing-Lhasa : Départ de Beijing à 21h30; le trajet prend 47 h 28 min.

– Chengdu-Lhasa : Départ de Chengdu à 18h18; le trajet prend 48 h 10 min.

– Xining-Lhasa : Départ de Xining à 20h07; le trajet prend 26 h 23 min.

Prix des billets

(en yuans, pour un siège dur, une couchette dure ou une couchette molle) :

– Beijing-Lhasa : 389, 813 et 1262;

– Chengdu-Lhasa : 331, 712 et 1104;

– Xining-Lhasa : 226, 523 et 810.

Afin de réduire les risques de souffrir du mal de l'altitude, on ne permet pas aux passagers de descendre du train aux arrêts autres que la destination finale.

04/01/2007