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Les Articles
de nos Voyageurs |
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La cité de
Dukezong, un bourg de Shangrila
À 700 km de Kunming, province du Yunnan,
découvrez le sanctuaire de ceux qui
cherchent à fuir la vie stressante des
villes.
Des maisons en bois et en brique, de
style tibétain authentique et richement
décorées; des salles de prières
resplendissantes de dorures; des
colonnes de pierre gravées de canons
bouddhiques; et des lanternes
multicolores de formes variées,
accrochées des deux côtés de rues
sinueuses et qui font ressortir le
mystère et l'aspect ancien de la cité :
voilà ce qui séduit à Dukezong, l'un des
bourgs les plus anciens de Shangrila,
chef-lieu du département autonome
tibétain de Diqing, dans le nord-ouest
de la province du Yunnan.
La fondation de Dukezong remonte à 1 300
ans. Depuis ce temps, Dukezong a connu
les feux de la guerre et la prospérité
des affaires frontalières. En effet, à 3
200 m d'altitude, établi sur un sol
fertile et entouré de montagnes, ce
bourg important sur l'antique voie Chama
(thé et chevaux) a toujours été un
carrefour d'échanges culturels et
économiques entre les Han et les
Tibétains.
Les habitants de Dukezong sont
chaleureux, honnêtes et accueillants,
toujours enchantés de faire visiter leur
maison aux touristes qui le désirent.
Le résidant du 66, rue Beimen, est un
vieillard de 74 ans du nom d'Abu. Sa
maison, très bien conservée, est en bois
et de style tibétain. Le rez-de-chaussée
sert d'entrepôt pour le bois de
chauffage et d'étable pour le bétail. À
l'étage se trouvent une vaste salle avec
des poutres gravées de cinq dragons, des
chambres à coucher, une salle pour les
invités et une salle de prière. Chaque
fois que des visiteurs se présentent,
Abu ne manque pas de les amener dans la
salle de prière pour leur montrer la
niche bouddhique et une plaque ancienne
gravée d'une paire de dragons dorés.
Derrière cette plaque, on trouve
l'inscription suivante : " Septième
année du règne Chongzhen de la dynastie
des Ming (1634), famille Jiao du Shanxi.
On croit qu'elle aurait été gravée par
un charpentier du nom de Jiao qui aurait
aidé à construire la maison, il y a 372
ans. Abu aime bien servir du thé au
beurre à ses invités, alors qu'il leur
raconte les histoires au sujet de sa
maison.
Le mode de vie ancien des Tibétains est
également bien conservé à Dukezong. Dans
les maisons, on joue encore aux échecs
tibétains, comme on le faisait il y a un
millénaire, et les clochettes des
chevaux résonnent encore le long des
sentiers. Chaque soir, sur la place, on
allume un feu de camp, puis on chante et
on danse. Dans les ruelles, on peut
sentir l'odeur du qingke (vin d'orge).
Pour les touristes, Dukezong est le lieu
idéal pour acheter des souvenirs. Le
long des rues, on peut faire bien des
trouvailles : bijoux anciens, tanka,
poteries, objets religieux, encens
tibétain, divers bibelots, etc.
La renommée de Dukezong a dépassé les
frontières de la Chine, et le charme de
la cité ancienne attire beaucoup de
visiteurs de l'étranger, en plus des
visiteurs chinois. Au " Relais de poste
du Yunnan et du Tibet ", différentes
langues et cultures s'harmonisent tout
naturellement. Le Hazelnut Bar est un
lieu populaire et confortable où les
visiteurs peuvent observer et découvrir
à loisir les chants et les danses de
style tibétain. La librairie Delamu est
un bon endroit pour faire une pause.
Dans le fin fonds d'une ruelle, une
Étatsunienne est en train de décorer une
maison de style ancien qu'elle a louée.
Un photographe d'Angleterre s'affaire à
préparer une exposition de ses ?uvres.
L'épouse de M. Khalid Malik,
coordonnateur général en Chine pour le
PNUD, a loué une maison tibétaine. Et la
liste des gens qui sont séduits par
Dukezong pourrait s'allonger...
En effet, bon nombre de personnes se
passionnent pour les traditions
folkloriques de Dukezong, cette terre de
paix et de soleil, et certains ont même
changé totalement leur projet de vie
pour demeurer dans la cité, s'éloigner
de la grande ville et vivre dans un
environnement qui les inspire. Dukezong
est une cité qui non seulement concentre
l'histoire de l'ethnie tibétaine, mais
aussi s'ouvre à la modernité et au
progrès, en accueillant un nombre de
plus en plus grand de touristes venus
d'un peu partout dans le monde.
27/04/2008 |
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La forêt de
granit Asihatu
Dans la montagne Beida située au nord -
est de la bannière Hexigten (district),
dans la région autonome de la Mongolie
intérieure se trouve la forêt de pierres
Asihatu, l'une des plus rares forêts de
granit du monde, également connue sous
le nom de forêt de pierres glaciales. En
mongol, Asihatu signifie les rochers à
pics.
La forêt
de pierres Asihatu est l'un des paysages
les plus impressionnants du parc
géologique national de Hexigten de la
municipalité de Chifeng, dans la région
autonome de Mongolie intérieure. La
forêt se trouve sur l'une des faces
rocheuses du mont Beida, qui fait lui -
même partie des montagnes Hinggan, à une
altitude de 1 600 - 1 900 m. D'après les
experts, sa formation est due au
mouvement du glacier du quaternaire.
Bien que
la raison de sa formation soit
différente, la forêt de pierres Asihatu
est similaire à celles des districts de
Lu'nan et Yuanmou dans la province du
Yunnan, et aux séracs. Asihatu qui
s'étend sur plusieurs centaines de
mètres de long et des dizaines de mètres
de large contient plusieurs groupes de
pinacles de granit de 5 à 20 mètres de
haut, naturellement formés en carrés, en
rectangles, en sphères ou en cylindres.
Les sommets des pinacles ressemblent à
des cônes circulaires, des toques, des
plateaux, des dômes et autres formes
irrégulières.
Possédant
ses propres caractéristiques, la forêt
Asihatu est aussi escarpées que les
Monts Huashan dans la province du
Shaanxi, aussi belle que les monts
Huangshan dans la province de l'Anhui et
aussi imposante que le mont Taishan du
Shandong. Ses pinacles ressemblent à des
piliers géants, des pousses de bambou,
des pagodes et des murs. Certains
rochers portent des noms comme «La belle
jeune fille regardant la lune» ou «La
tour penchée de Pise».
Outre son
importance scientifique, la forêt de
pierres Asihatu est une destination
touristique idéale. De loin, elle paraît
aussi imposante que la Grande Muraille
et ses atours varient en fonction des
saisons.
30/03/2008 |
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Hongjiang, sa
beauté tient à sa prospérité d'antan
En 1920, cette petite ville montagneuse
utilisait déjà l'électricité; en 1925,
l'appareil-photo; en 1929, le téléphone;
et en 1931, les films muets étaient
projetés sur ses écrans de cinéma...
Elle profitait de la même vie de luxe
que des grandes villes comme Shanghai et
Nanjing, les plus prospères de Chine à
cette époque. Pourtant, elle se trouve
dans l'ouest de la province du Hunan, au
creux de hautes montagnes aux cimes
escarpées.
La ville de Hongjiang n'est pas très
connue aujourd'hui, mais elle a été
prospère au cours de l'histoire. Il y a
plus de 3 000 ans, elle donnait sur une
grande voie continentale commerciale
donnant accès à l'océan Indien, à la mer
d'Arabie, à la mer Rouge et à la
Méditerranée. Durant les dynasties des
Han (206 av. J.-C.--220 apr. J.-C.) et
des Tang (618-907), elle était un des
maillons les plus importants de la route
de la Soie pour la Chine du Sud-Ouest.
Pendant les Ming (1368-1644) et les Qing
(1644-1911), elle a été l'une des
premières régions de Chine où les germes
commerciaux du capitalisme ont commencé
à pousser.
Une rivière, gage de richesse
M. Ruan Mingyi, 76 ans, se tient debout
devant le port Litouzui. Autrefois,
c'est ce port qui était le plus animé de
Hongjiang. Il dit : « Il y a 60 ans, ici,
on ne voyait que des trains de bois, on
ne voyait pas l'eau, et que des bateaux,
pas la rivière. Tous les jours, il y
avait de l'animation! »
Le port Litouzui se trouve sur la
rivière Yuanjiang, un affluent du
Yangtsé. Selon les registres, à l'apogée
de sa prospérité, cette petite ville
d'une superficie de 4 km2 comptait 48
ports.
En tant qu'affluent du Yangtsé, la
rivière Yuanjiang sert d'importante voie
fluviale pour que des villes du Sud et
du Centre de Chine aient un accès aux
provinces du Yunnan, Guizhou et Sichuan
(en Chine du Sud-Ouest). Ainsi, située
en bordure de la Yuanjiang, Hongjiang
est naturellement devenue un grand bourg
commercial.
Un commerçant de la dynastie des Qing
avait décrit Hongjiang : « Une myriade
de lumières scintillant dans la ville et
un bourg colossal ». À cette époque-là,
la ville n'avait que 37 600 habitants,
mais 15 000 faisaient du commerce.
Dès 17 ans, M. Wang Tiande a travaillé
dans un chantier naval, et après sa
retraite, il a réparé des bateaux de
pêche au bord de la ri-vière. Il déclare
: « À cette époque-là, les bateaux
fabriqués par les gens de Hongjiang
étaient très connus. Chacun d'eux avait
quatre ou cinq ponts, et lorsque
quelques dizaines étaient réunis, le
tout ressemblait à un village flottant.
Quel spectacle magnifique! » À cette
époque, les gens de Hongjiang qui
faisaient du transport fluvial devaient
rester à bord pendant un ou deux mois.
Ils avaient donc tout préparé :
instruments de musique, alcool, thé,
pipe à opium, accessoires de jeu, etc.
Sur le pont supérieur, il y avait un
carré de légumes, un poulailler et des
canards...
Trois secteurs -- le bois, l'huile
d'abrasin et l'opium -- faisaient
prospérer la ville
M. Yang Peicheng, septuagé-naire, est
issu d'une famille riche qui faisait le
commerce du bois. Il a bien connu la
prospérité du commerce du bois d'alors.
Ce qui l'impressionnait le plus, c'était
que, une fois par année, la famille des
Yang devait déplacer des trains de bois
vers Nanjing ou Shanghai. Selon les
souvenirs de M. Yang, à cette époque, un
train de bois mesurait 30 m de long, 6,6
m de large et avait de 3 à 5 couches
d'épaisseur. Quand un commerçant de bois
avait à faire naviguer de tels trains,
il devait engager une dizaine de
bateliers et deux administrateurs qui se
chargeaient, l'un, de la navigation,
l'autre, du contrôle de la qualité du
bois et de la gestion. Quand les trains
de bois couvraient entièrement la
rivière, on n'avait pas besoin de
prendre le bac entre les deux rives, car
on pouvait marcher directement sur ces
étendues de bois. Il est facile
d'imaginer la prospérité du commerce du
bois d'alors. Les gens d'affaires de
Hongjiang ne se limitaient pas à
seulement faire le commerce du bois :
ils transformaient également la matière
première pour s'enrichir encore plus.
Les métiers liées à l'huile d'abrasin
constituent un exemple probant.
L'huile d'abrasin de Hongjiang est un
bon enduit antiseptique et antimites.
Depuis les dynasties des Ming et des
Qing, en s'appuyant sur sa qualité et
l'abondance de sa production, cette
huile était très bien accueillie sur le
marché de la région côtière du Sud-Est,
et même à l'étranger. Le secteur lié à
l'huile d'abrasin a été le premier parmi
les secteurs piliers de Hongjiang.
À l'époque contemporaine, au fur et à
mesure que le transport routier et
ferroviaire a connu un essor, la
supériorité de la localisation de
Hongjiang s'est perdue peu à peu et son
commerce a décliné.
Les vestiges de la ville ancienne
Hongjiang conserve encore son aspect des
dynasties des Ming et des Qing. En effet,
elle a préservé 17 bureaux de journaux,
23 banques privées, 34 écoles, 48 scènes
de spectacle, ainsi que plus de 50
maisons de prostitution, 60 fumeries
d'opium, 70 restaurants, 80 auberges,
une cen-taine d'ateliers, un millier de
boutiques et 380 maisons à étages
appelées yinziwu. Ces dernières
servaient à la fois de commerce et de
résidence.
Hongjiang était une ville commerciale,
et son plan architectural était peu
ordinaire. Elle possédait des fonctions
commerciales et résidentielles. Les
yinziwu ressemblent à un enclos avec des
maisons autour d'une cour. La plupart
sont de l'un des trois types suivants :
deux cours et des maisons à un étage;
deux cours et des maisons à deux étages;
trois cours et des maisons à deux étages.
Lorsqu'il y a un deuxième étage, une
passerelle relie le sud et le nord. Le
toit est incliné vers l'intérieur et la
cour carrée fait entrer la lumière et
l'air.
Se dressant à flanc de montagne, ces
maisons étaient construites en brique,
en pierre et en bois et n'utilisaient
aucun clou en fer. Pourtant, elles sont
restées solides pendant des centaines
d'années. Les portes et les fenêtres
étaient pratiques, et on portait
attention à l'utilisation rationnelle de
l'espace. La plupart des yinziwu étaient
des constructions closes, à deux étages.
Au rez- de-chaussée, c'était la
boutique; à l'étage, l'entrepôt; et au
deuxième, la résidence.
Les architectures les plus splendides de
Hongjiang étaient les maisons du foyer
de l'Association des compatriotes.
Mentionnons, entre autres, le Palais
pacifique (la maison de la guilde
Baoqing). Son portail commémoratif,
sculpté à partir d'une énorme pierre
complète, est particulièrement imposant.
À la fin des Ming et au début des Qing,
pour se lier d'amitié avec les membres
de leur clan et défendre l'intérêt des
compatriotes, des commerçants venus
d'autres régions y ont fondé
successivement des maisons du foyer de
l'Association des compatriotes. C'est
durant la République de Chine
(1912-1949) que cette vogue a atteint
son apogée. Hongjiang a alors accueilli
des commerçants et autres gens venus
d'une vingtaine de provinces et de
districts, et le nombre de maisons du
foyer de l'Association des compatriotes
approchait 130. Selon les souvenirs des
personnes âgées de Hongjiang, la maison
du foyer de l'Association des
compatriotes la plus luxueuse était
celle du Guizhou, car elle faisait le
commerce de l'opium. Les colonnes de la
maison étaient fabriquées de pierres
géantes complètes, et son portail était
richement orné de dragons et de phénix,
ce qui lui donnait un aspect imposant.
M. Liu Huiwu, 79 ans, est le fils de Liu
Yongtai qui était le patron de la Maison
de commerce Yongtai. Il est un témoin
direct de la grandeur et du déclin de
Hongjiang. Dans sa jeunesse, il a fait
différents métiers, et il connaît bon
nombre d'histoires de la ville.
Aujourd'hui, il rédige des histoires et
des récits de conteur.
Liu Yongtai était la personne la plus
riche de Hongjiang. On dit que la
famille des Liu chargeait des navires
d'opium du matin au soir, et qu'après
avoir vendu de l'opium, elle échangeait
des boîtes de pièces d'argent. Toute la
ville pouvait entendre le cliquetis des
pièces d'argent après 21 h.
Selon les anciens, la famille des Liu a
connu la décadence à la suite d'un
incendie survenu en 1934. Par la suite,
quand le patron Liu Yongtai a été
kidnappé par des bandits, les gens se
sont rués vers la banque pour récupérer
leurs billets de banque émis par la
Maison de commerce Yongtai. Ce fut un
coup mortel pour cette famille.
La vie actuelle
Aujourd'hui, Hongjiang compte plus de 2
000 foyers, et la plupart des habitants
sont des vieillards et des enfants. Les
jeunes sont partis travailler ailleurs.
Mme Dong Hongmei, 59 ans, est la fille
du patron du port de Hongjiang, et son
mari, Yang Yun, est le fils d'un
commerçant de bois. À présent, ce couple
gagne sa vie en opérant un bac qui
appartient à une compagnie de
navigation, et les deux s'occupent à
tour de rôle de manier la perche. Ceux
qui traversent la rivière sont des
paysans qui vont acheter des légumes. Un
aller-retour ne coûte qu'un yuan. Ce
couple habite dans une yinziwu de la
ville.
Parce que ses parents l'ont aidé, leur
fils aîné a investi 120 000 yuans pour
construire un bateau qui fait le trajet
de la flotte de Hongjiang d'alors. Ce
bateau transporte le bois de Hongjiang
vers les provinces du Jiangsu et du
Zhejiang. Quand il revient, il ramène
des marchandises à Xiangtan, aussi dans
la province du Hunan. Il continue
d'utiliser le mode d'exploitation et le
trajet des anciens commerçants de
Hongjiang.
Il y a l'école de la famille des Gao.
Autrefois, cette famille avait ouvert
une école privée dans cette cour.
Le maître actuel de cette école est M.
Nie. Il y exploite une auberge. Il ne
fait pas de publicité pour cette auberge,
car il ne reçoit que des clients
présentés par des amis. Au
rez-de-chaussée, des deux côtés de la
salle de réception, il y a les chambres
d'hôte. M. Nie habite en haut. La pièce
latérale, qui sert elle aussi de chambre
d'hôte, a 4 m de haut. La fenêtre n'est
pas grande, de sorte que la chambre est
sombre. Quelques meubles centenaires de
différentes époques sont disposés en
ordre et créent une ambiance de dignité.
C'est un lieu qui permet de relaxer et
qui attire bon nombre de touristes.
Les enfants de M. Nie ne vivent plus
avec leurs parents. cet homme est très
chaleureux et peut accompagner les hôtes
pour une promenade dans les rues de la
ville. Il leur présente alors les us et
coutumes locaux et les invite à
participer à un dîner offert par ses
amis. Il semble avoir ouvert cette
auberge pour s'occuper, plutôt que pour
gagner de l'argent.
16/03/2008 |
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Le train vers le Tibet
Il y a tout
juste un an, il y avait deux
possibilités pour se rendre au Tibet.
Vous pouviez ou bien vider votre
tirelire pour vous payer un vol
passablement cher, ou prendre votre
courage à deux mains et faire le voyage
en quatre-quatre sur la route non pavée
et accidentée vers le Toit du monde.
Mais en juillet dernier, un moyen de
transport meilleur marché et plus
confortable vers cette destination a été
mis en service : le train. Le prix d'un
billet de train – en couchette molle –
de Beijing vers le Tibet coûte environ 1
500 yuans, ce qui est meilleur marché
que prendre l'avion.
Caractéristiques de ce train
Les
habitants du plateau Qinghai-Tibet
disent que, sur le plateau, ils peuvent
avoir les températures des quatre
saisons en un seul jour. Ce n'est pas le
cas pour les passagers du train
Qinghai-Tibet. Ceux-ci peuvent apprécier
le paysage changeant, à partir de la
fenêtre du train et dans le confort
d'une température maintenue constante.
Toutes les fenêtres des wagons ont un
double vitrage et sont traitées contre
les UV, et l'oxygène est disponible pour
tout passager qui présenterait des
signes du mal de l'altitude. Les
paysages sont à couper le souffle. Les
nuages flottent dans l'immensité d'un
ciel azuré qui surplombe le plateau dans
lequel se dressent des crêtes aux neiges
éternelles que l'on aperçoit de temps à
autre, avant qu'un lac aux eaux bleu
clair fasse soudain son apparition. Dans
des pâturages qui semblent illimités,
des ânes sauvages font la course avec le
train, et parfois les deux sont côte à
côte, car au galop, ces ânes sont
capables d'atteindre 60 km/h. En
revanche, les yaks sauvages, des animaux
indigènes du plateau, se déplacent de
leur pas calme et régulier.
Il y a
maintenant trois gares de départ du
train pour le Tibet : Beijing, Chengdu,
province du Sichuan, et Xining, province
du Qinghai. D'ici peu, deux nouveaux
points de départ seront mis en service :
Shanghai, dans l'est, et Guangzhou, dans
le sud-est. Tous les trains vers Lhasa,
capitale de la région autonome du Tibet,
sont équipés d'installations à la pointe
de la technologie. Les wagons ont un
système de protection contre la foudre –
de fabrication canadienne –, un système
de filtration de l'air, des dispositifs
à oxygène et des climatiseurs qui
soufflent de l'oxygène quand il est
nécessaire. L'équipement de distribution
individuelle d'oxygène est placé près
des sièges et dans les couloirs. Tout
passager présentant des symptômes du mal
de l'altitude peut demander un
inhalateur d'oxygène qui se branche, par
son siège, au système central de
distribution.
Les autres
équipements comprennent des contenants
encastrés pour les ordures, des salles
de toilette bien illuminées et
spacieuses, ainsi que des W.C.
écologiques. Chaque voiture dispose
également d'une toilette pour personnes
à mobilité réduite. Le long du chemin de
fer Qinghai-Tibet, les services de
communications sans fil assurent aux
passagers un accès sans restriction à
l'information de partout dans le monde.
La voiture-restaurant est décorée en
style tibétain typique. Pour ceux qui
préfèrent ne pas se déplacer pour aller
manger, le restaurant distribue
également des déjeuners et des dîners au
coût de 20 yuans; toutefois, le riz
n'est pas aussi tendre qu'il le serait
normalement, étant donné la faible
teneur en oxygène à une altitude élevée.
Le petit-déjeuner comporte des céréales
chaudes, des petits pains et des légumes
marinés froids. Les passagers tibétains
apportent habituellement leurs propres
aliments, surtout du yack déshydraté et
de la tsampa (farine d'orge grillée
(l'aliment de base des Tibétains),
qu'ils mangent en buvant de l'eau
chaude.
Les préposés
au service dans le train ont été
soigneusement formés. Avant d'arriver à
un site pittoresque, un membre de
l'équipage fournit des informations en
chinois, en tibétain et en anglais et
souligne les aspects particulièrement
caractéristiques de la topographie. Afin
d'assurer un approvisionnement suffisant
en électricité, entre autres pour le bon
fonctionnement du système de
distribution d'oxygène, les wagons du
train Qinghai-Tibet sont tirés par des
locomotives à trois moteurs au diesel,
conçues par GE.
Le col du
mont Tanggula constitue le point le plus
élevé du chemin de fer Qinghai-Tibet; il
est situé à plus de 5 000 m au-dessus du
niveau de la mer. À cet endroit, il est
possible que des passagers présentent de
légers symptômes du mal de l'altitude,
des maux de tête par exemple, mais
ceux-ci disparaissent rapidement lorsque
le train amorce sa descente.
Sites d'intérêt le long du chemin de fer
À la gare de
Xining, mon train a été aiguillé vers le
chemin de fer Qinghai-Tibet qui relie,
dans une richesse incroyable de scènes
de plateau, les villes et villages entre
Xining, capitale de la province du
Qinghai, et Lhasa, capitale de la région
autonome du Tibet.
Xining est
située à 2 275 m au-dessus de niveau de
la mer. En tant que tête de pont du
chemin de fer, elle est connue comme la
« porte d'entrée du plateau
Qinghai-Tibet ». La ville couvre une
superficie de 3 456 km2, et 25 % du
total de ses 1,1 million d'habitants
appartiennent aux ethnies hui et
tibétaine. Xining a une histoire deux
fois millénaire, ayant été un point
principal de l'ancienne route de la
Soie. Prospère, cette ville est très
animée, car elle est le plus grand
centre d'approvisionnement sur le chemin
de fer avant que le train arrive au
Tibet. Dans la ville, beaucoup de
magasins vendent des produits
traditionnels, à commencer par des
médicaments et petites collations. La
plupart des propriétaires de magasin
sont des Hui, et ils ont la réputation
d'être hospitaliers et honnêtes.
Le monastère
Ta'er est celui qui est le plus connu de
Xining. Situé à 25 km au sud-ouest de la
ville, c'est un lieu à visiter. Il a été
construit en 1560, et il est dédié au
bodhisattva Maitreya. C'est le lieu de
naissance de Tsongkhapa, fondateur de la
lignée Gelug (lignée jaune) du
bouddhisme tibétain. Dans la Chine du
Nord-Ouest, ce monastère est ainsi
considéré comme le centre principal du
bouddhisme tibétain. Étant l'un des six
monastères principaux de cette lignée –
les autres étant les monastères Sera,
Drepung, Tashilhunpo, Gandain et Labrang
–, c'est un complexe grandiose qui, à
son apogée, disposait de plus de 800
salles et couvrait une superficie de 450
000 m2. Le monastère est encore réputé
en Asie du Sud-Est. Ses architectures
importantes incluent les huit dagoba qui
se dressent devant le temple, la grande
salle aux Tuiles dorées, la grande salle
des Prières, la petite salle aux Tuiles
dorées, la salle pour l'Impression des
sutras et la salle du bodhisattva
Maitreya. Le monastère abrite beaucoup
d'autres trésors culturels, notamment
des sculptures façonnées dans le beurre,
de même que des fresques et des
broderies en relief. Ce sont les trois
plus précieux. Au cours des 1er, 4e, 5e
et 9e mois lunaires du calendrier
tibétain, le monastère organise des
célébrations grandioses et raffinées. La
naissance de Maitreya est célébrée en
étendant un tanka de 100 m de long sur
le versant de la montagne et en
procédant à divers rituels bouddhiques.
Le lac
Qinghai est le premier site important le
long du chemin de fer Qinghai-Tibet. Le
train Xining-Lhasa passe près du lac en
soirée, alors que le train de retour
passe vers 7 h. En tibétain et en
mongol, le nom du lac signifie « mer
bleue »; c'est le plus grand lac
intérieur d'eau salée en Chine. Il est
parsemé de cinq îles de différentes
formes, dont l'île aux Oiseaux est la
plus captivante. Cette île est située
sur la rive occidentale du lac Qinghai,
et la décrue des eaux a transformé l'île
en péninsule. Au printemps et en été, le
lac attire des centaines de milliers
d'oiseaux migrateurs qui nichent sur
l'île qui leur sert de sanctuaire. Oies,
mouettes, bécasseaux et cormorans
comptent parmi les espèces d'oiseaux
qu'on y voit.
Golmud est
la prochaine grande agglomération sur le
trajet du chemin de fer. Située à 2 800
m d'altitude, c'est la deuxième grande
ville de la province du Qinghai. En
langue mongole, Golmud signifie «
endroit où les fleuves confluent ».
Chaque jour, un grand nombre
d'automobiles roulent sur la route
Qinghai-Tibet à partir de Golmud que les
gens de la région appellent « ville de
l'automobile ». À l'ouest, on trouve le
célèbre lac salé Qarhan qui couvre une
superficie de 5 800 km2. Puisque le lac
est entouré par le chaud et sec désert
du Gobi, les précipitations qui
l'alimentent sont bien inférieures à la
quantité d'eau qui s'en évapore. C'est
ainsi qu'une croûte de 3 à 4 m de sel
concentré forme la surface de ce lac, et
elle est assez solide pour que les
voitures y passent. Le chemin de fer
Qinghai-Tibet y a également été
construit.
Peu après
avoir passé Golmud, le train se dirige
vers les monts enneigés Kunlun. Le
sommet de ces monts est le pic Yuzhu, à
6 178 m d'altitude, et de l'autre côté
du chemin de fer, se dresse le pic Yuxu,
avec ses 5 933 m. Cette chaîne de
montagnes est considérée comme sacrée
par les taoïstes chinois. Selon une
légende, le 8e jour du 8e mois lunaire
de chaque année, Xiwangmu, reine mère du
Paradis de l'Ouest et déesse de la
mythologie chinoise taoïste, tient son
banquet de la Pêche de l'Immortalité.
Elle invite alors tous les immortels à
sa table.
Poursuivant
sa route, le train s'élève sur la chaîne
de montagnes en empruntant le tunnel des
monts Kunlun, d'une longueur de 1,68 km
– le plus long tunnel sur pergélisol au
monde –, au col des monts Kunlun, à une
altitude de plus de 4 000 m.
Le train
arrive alors à la réserve naturelle de
Hoh Xil qui couvre une superficie de 250
000 km2. C'est la troisième réserve
naturelle inhabitée du monde et la plus
grande en Chine. Étant donné que
l'altitude moyenne y est de 5 000 m, il
va sans dire que l'air y est raréfié.
Selon un relevé effectué en 1990, 16
espèces de mammifères et 30 types
d'oiseaux vivent dans la réserve
naturelle, y compris certains qui sont
indigènes à la région. Ces dernières
années, cependant, Hoh Xil a subi des
dommages environnementaux et d'autres
liés au braconnage, une source de vives
inquiétudes pour les naturalistes et les
écologistes.
La gare de
Qumar au Qinghai a été conçue en forme
d'antilope tibétaine, et une sculpture
d'antilope s'élève également en son
centre. Cette architecture indique que
la station de Qumar est un arrêt
important sur le chemin migratoire des
antilopes tibétaines. Des troupeaux
d'ânes sauvages et de goa (une gazelle
indigène au plateau tibétain que l'on
confond facilement avec l'antilope
tibétaine) courent dans le secteur.
Le fleuve
Tuotuo forme le prochain site d'intérêt
le long du chemin de fer. Il apparaît
comme un faisceau de petits cours d'eau,
mais il est la source du Yangtsé, un des
deux principaux fleuves de la Chine qui
coulent dans dix provinces, régions
autonomes et municipalités.
Après avoir
franchi le col des monts Tanggula, le
train entre dans le plateau Changtang,
au Tibet septentrional. En août, la
température y est douce, et la profusion
de couleurs des fleurs sauvages y égaie
les steppes verdoyantes. Une fête
annuelle, dont l'événement principal est
une course de chevaux, se tient dans les
vastes steppes au sud-est de la ville de
Nagqu. Selon les habitants locaux, cette
tradition annuelle de course de chevaux
a commencé au VIIIe siècle. Au moment
des préparatifs de la course, les
éleveurs qui y participent et qui s'y
rendent en spectateurs convergent vers
Nagqu et érigent leurs tentes, créant
ainsi une « ville de tentes ». Quand les
courses commencent, chacun porte ses
plus beaux costumes ethniques et des
parures. Les femmes tibétaines sont
particulièrement minutieuses au sujet de
leur costume, car on dit que leur
richesse peut être évaluée en évaluant
leur robe et leurs bijoux.
La fête dure
habituellement sept jours, et ses
nombreuses compétitions incluent courses
de chevaux sur courte et longue
distance, tir à l'arc, saut en hauteur
et en longueur et haltérophilie. Cette
fête sportive de la steppe est également
le site d'une foire commerciale pour
différents produits agricoles et
pastoraux.
Namco, le
mot tibétain pour lac « Céleste », est
le plus grand lac au Tibet et le
deuxième lac d'eau salée en Chine, après
le lac Qinghai. À une altitude de 4 718
m et couvrant une superficie de 1 920
km2, le lac Namco est le lac le plus
haut du monde. Les Tibétains croient que
le Bouddha, les bodhisattvas et les
vajra s'y rassemblent et y tiennent des
cérémonies religieuses chaque année de
la Chèvre du calendrier tibétain. La
circumambulation effectuée au lac à un
moment donné est censée avoir une valeur
religieuse équivalant à cent mille fois
celle effectuée normalement. Par
conséquent, le 15e jour du 4e mois du
calendrier tibétain, les bouddhistes se
rassemblent en pèlerinage au bord de ce
lac pour rendre hommage et pour prier.
On ne peut voir le lac Namco à partir du
train, mais on voit le Co Nag, le lac
d'eau douce le plus haut du monde. Il a
une superficie de plus de 400 km2.
Lhasa,
capitale de la région autonome du Tibet,
est la destination finale du train.
C'est une ville située à une altitude de
3 650 m et dont l'histoire remonte à 1
300 ans. Lhasa est le centre politique,
économique, culturel et religieux du
Tibet. Le palais du Potala constitue son
attrait touristique principal. C'est le
siège des dalaï-lamas, et pour les
Tibétains, un lieu ayant une importance
considérable sur les plans politique et
religieux. Le Potala est également
célèbre pour ses bâtiments immenses, ses
constructions complexes, son atmosphère
de dévotion et ses splendides œuvres
d'art. Le monastère Jokhang est un autre
endroit d'intérêt historique à Lhasa.
Une statue en or grandeur nature du
bouddha Sakyamuni alors qu'il avait 12
ans, se dresse dans la salle principale.
On dit que c'est le trésor le plus
précieux à Lhasa, car c'est l'unique
statue grandeur nature de Sakyamuni, sa
statue à 8 ans ayant été détruite, et
celle à 16 ans ayant été perdue dans
l'océan Indien.
Horaire des
trains et durée du voyage:
–
Beijing-Lhasa : Départ de Beijing à
21h30; le trajet prend 47 h 28 min.
–
Chengdu-Lhasa : Départ de Chengdu à
18h18; le trajet prend 48 h 10 min.
–
Xining-Lhasa : Départ de Xining à 20h07;
le trajet prend 26 h 23 min.
Prix des
billets
(en yuans,
pour un siège dur, une couchette dure ou
une couchette molle) :
–
Beijing-Lhasa : 389, 813 et 1262;
–
Chengdu-Lhasa : 331, 712 et 1104;
–
Xining-Lhasa : 226, 523 et 810.
Afin de
réduire les risques de souffrir du mal
de l'altitude, on ne permet pas aux
passagers de descendre du train aux
arrêts autres que la destination finale.
04/01/2007 |
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